Un Nouveau Départ Pour Ma Deuxième Année de Khâgne

Hello tout le monde!

J’espère que la rentrée s’est bien passée pour vous et qu’elle a ouvert la voie à une année pleine de promesses!

Cette semaine, j’aimerais aborder un sujet un peu plus personnel mais auquel certains et certaines d’entre vous pourront peut-être s’identifier. Si je raconte parfois ma vie sur le blog, c’est dans l’espoir que cela puisse aider quelqu’un qui se trouverait dans la même situation que moi. Ce dont j’aimerais parler, c’est de ma rentrée, de mes espoirs pour cette année, ma quatrième et dernière année de prépa, de la manière dont j’ai vécu les trois dernières années, pourquoi je les ai vécues ainsi et de la manière dont j’entend vivre cette année. Alors pour celles et ceux qui sont nouveaux sur le blog (ou même pour vous tous chers lecteurs et chères lectrices, à qui j’en demande beaucoup quand j’espère que vous vous souviendrez d’un détail comme celui-là et que j’ai dû évoquer pour la dernière fois il y a un an…) et qui sont un peu familier de l’univers de la prépa, vous devez vous dire que quatre année de prépa ça fait un peu beaucoup et que ce n’est pas habituel: la norme c’est plutôt deux, voire trois ans. En réalité, la première de ces quatre années est une intruse, puisque je l’ai faite en ECS ( = prépa HEC) et pas en prépa littéraire comme les deux dernières, et donc elle ne compte pas. Cette année est donc ma troisième année en prépa littéraire, je suis ce qu’on appelle une khûbe. Je refais une année de khâgne ( c’est le petit nom de la deuxième année de prépa littéraire) pour pouvoir repasser le concours de l’ENS que je n’ai pas eu l’an dernier. Bon, après ces quelques précisions laborieuses, qui, j’espère, ne vous ont pas fait fuir, venons en aux faits.

Depuis la fin du lycée, je n’ai jamais été aussi heureuse que ce soit la rentrée. Les trois dernières années (c’est moins le cas de l’hypokhâgne) ont été saupoudrées de longues périodes d’agonie et ont souvent entamée ma santé mentale à un point où, après les concours de l’année dernière, je me sentais détruite. J’avais en permanence dans la tête une petite voix qui me soufflait sournoisement: « Tu es nulle… », « Comment as-tu pu penser que tu pourrais avoir ce concours. », « Tu n’as pas le niveau. »,  » Tu es fainéante », enfin vous voyez le tableau. Je ne vous le souhaite pas, mais malheureusement beaucoup d’entre nous ont sûrement déjà entendu cette petite voix mesquine… Attention, je ne blâme pas la prépa pour les méchancetés proférées par cette petite voix, ni pour son apparition. J’ai par ailleurs, paradoxalement peut-être, adoré les deux dernières années: j’ai toujours voulu faire des études littéraires et le contenu des cours me comblait de bonheur et de curiosité. Mais j’avais au fond de moi une cassure plus profonde, que la perfection que j’exigeais de moi-même et la part de pression due à la prépa se sont contentées de creuser un peu plus.

Cet été, après avoir vécu la fin de l’année sous le signe de l’échec, de la déception, de la culpabilité et du remord, j’ai fait un énorme travail sur moi pour comprendre l’état mental dans lequel j’étais et entamer une guérison qui serait plus qu’indispensable pour réussir le concours l’année suivante et surtout pour mieux vivre une deuxième khâgne, qui serait tout aussi exigeante. J’ai été stupéfaite de découvrir tout ce que je ne savais pas sur moi, ou du moins tout ce dont je n’avais pas conscience, dont l’origine de la cassure dont je vous parlais.

On entend souvent que « la prépa peut vous casser », la prépa en général. Et je croyais que c’était un peu ça qui m’était arrivé: je me mettais la pression pour toujours progresser depuis trois ans, la boule au ventre avant chaque DS et chaque khôlle, j’avais des regrets quand je n’avais pas assez travaillé et j’avais l’impression de ne jamais assez travailler. Enfin bref, c’est sûr que trois années à me répéter: « tu n’en fais pas assez et le peu que tu fais n’est pas assez bien » ont dû avoir un impact sur mon estime de moi. Mais en réalité, tout cela, je pouvais le surpasser et je le surpassais toujours. Il m’a donc plutôt fallu comprendre pourquoi je me parlais aussi mal, pourquoi je n’étais jamais satisfaite de moi-même, comment j’en étais venue à perdre toute estime de moi et de mon travail. Soudain je me suis souvenue de ma dernière khôlle d’allemand, passée en ECS. J’avais eu un 11/20 (bon je crois que c’était sur « la chasse » donc pas très étonnant XD…) et la prof m’a dit, de but en blanc: « Qu’est-ce qui vous est arrivé? Vous avez perdu confiance en vous cette année. » Je me souviens que ça m’avait vraiment fait mal au cœur… parce que c’était vrai. Le fait que je sois passée d’un 14+ à un 11/20 en allemand, n’en était que le reflet. Je comprends à présent que c’est d’avoir décidé, contre mes propres désirs et mes propres rêves, d’aller en ECS qui avait causé la cassure. Je m’en voulais et j’étais en colère contre moi-même d’avoir renoncé à mes rêves et à ce que j’étais en allant dans une filière aux débouchés qui m’horripilaient, de m’être condamnée à une vie de banquière ou de manager qui ne me faisait pas du tout envie et qui allait même, sous certains aspects, à l’encontre de mes valeurs. Je m’étais laissée tomber, pour emprunter une voie que les autres voulaient que j’emprunte, une voie « raisonnable » qui m’offrirait de la sécurité, mais à un certain prix: celui de ma lumière et de mon amour-de-moi ( au sens rousseauiste du terme). Dès lors ma relation avec moi-même s’est dégradée sans que je m’en rende compte et sans que j’en prenne conscience. Mais je me suis enfin comprise. J’ai vu de l’autre côté du néant qui me sépare de moi-même et j’ai vu la petite fille que j’étais se cogner la tête contre un mur de frustration, et sangloter toute seule dans la cellule où je l’avais emprisonnée et d’où elle me hurlait dessus pour attirer, en vain, mon attention. Elle avait certes gagné une victoire quand j’ai changé de filière pour aller en lettres. Pourtant, je l’avais blessée et ignorée, et, boudeuse, elle n’était pas prête à me pardonner et à me faire confiance à nouveau pour réaliser ses rêves et ne plus les négliger. Elle a, j’ai, saboté tout ce que je tentais d’entreprendre pour que je lui prête à nouveau attention.

À la fin de l’année dernière, j’ai aussi vécu des événements qui m’ont profondément marquée et qui n’ont fait qu’empirer le sentiment de culpabilité et de colère que j’éprouvais envers moi-même. Je ne vais pas entrer dans les détails, mais j’ai perdu mon chien de 13 ans avec qui j’avais vécu la majeure partie de ma vie et que j’aimais plus que tout, j’ai essuyé un douloureux échec au concours et une de mes amies n’allait vraiment pas bien. Je vivais dans un monde sous-marin, sombre, profond et d’où je n’arrivais pas à m’extirper et que je ne comprenais pas. C’était la première fois de ma vie que je me sentais vraiment malheureuse (même si je sais bien que de nombreuses personnes ont des épreuves bien plus difficiles à traverser, bien sûr.) Mais, depuis avril dernier, j’ai repris du poil de la bête et je crois que j’ai sorti la tête de l’eau et je commence même à nager vers le rivage!

En effet, cet été, je me suis donnée à fond pour récupérer de cette année sordide et retrouver ma joie de vivre, ma passion pour mes études, des études qu’enfin je m’étais autorisée à entreprendre, ce qui n’était pas gagné d’avance! Je voulais vraiment reprendre ma vie en mains afin d’éviter de retourner en prépa pour ma deuxième khâgne aussi dévastée et démotivée que je l’avais été l’année précédente. J’ai passé beaucoup de temps avec ma famille et surtout avec mes grands-parents, mes cousines et mes cousins. Comme ils habitent tous dans d’autres régions de France, on ne se voit pas très souvent et je crois que je n’ai jamais vu ma famille aussi souvent en l’espace de deux mois que cet été. Et ça m’a fait un bien fou. De retourner à mes racines, d’entendre mon grand-père me parler de son enfance et de mes ancêtres, d’être au contact de personnes qui m’aiment vraiment pour qui je suis et que j’aime aussi inconditionnellement, de ressentir toutes ces émotions positives comme l’amour, la joie d’être ensemble, le bonheur de faire plaisir, la fierté d’être présente pour ceux que j’aime, l’impression de ne pas être seule au monde et de ressembler aux gens de ma famille. Autant d’émotions que je n’avais pas ressentie très souvent pendant l’année et qui sont indispensables, je m’en rend compte à présent, à mon équilibre émotionnel. J’ai aussi revu certaines de mes amies que je n’avais pas vu depuis longtemps, des amies du lycée qui m’ont toujours encouragée et qui me font toujours sentir exceptionnelle quand je suis avec elles. J’ai commencé à faire du sport, ce qui ne m’était pas arrivé depuis des années, à faire du sport parce que j’en avais envie et pas parce qu’on me l’imposait. Et ça ça a vraiment changé la perception que j’ai de moi: je suis capable de me donner à fond, de transpirer, de faire quelque-chose que je trouve difficile pour mon bien. Je me suis mise à méditer et à écouter mes émotions et à respecter mes limites, à calmer ma respiration quand je panique (même si j’ai encore besoin d’un peu de travail là-dessus), bref j’ai appris à prendre soin de moi, corps et âme.

Grâce à tous ces changements et d’autres, plus profonds, que je garde pour moi, j’ai fini par avoir hâte que ce soit la rentrée. Victoire ahah ! Bon, on ne va pas mettre la charrue avant les bœufs: l’année n’est pas gagnée d’avance, ni le Concours. Ma relation avec moi-même ne relève pas encore de l’harmonie parfaite. Mais je me sens bien mieux équipée pour affronté les difficultés qui pourraient e qui vont sûrement se présenter à moi. Étrangement, je n’ai pas paniqué lundi matin à l’idée de retourner en cours, j’ai réussi à calmer la petite voix qui me disait que je n’étais pas à la hauteur, que j’allais encore échouer, que j’allais décevoir mes profs, etc. J’ai écris des affirmations dans mon journal et je me suis promis d’y croire. De croire que j’en étais capable, que je n’allais pas refaire les mêmes erreurs que l’année dernière, qe je ne me laisserais plus tomber et que je serai fière de moi à chaque fois que j’aurai fait de mon mieux. Et cette semaine, j’ai été heureuse. Heureuse de retrouver mes professeurs, mes amis, ma nouvelle chambre dans mon foyer, mes cours super intéressants et tout ce dont je n’avais pas pu profiter, tout ce dont m’avait privé cette blessure originelle que je m’étais moi-même causée il y a 3 ans déjà. Alors, bizarrement, j’ai eu l’impression de vivre quelque-chose de tout à fait nouveau. Cette semaine n’était en rien un doublon de ma première rentrée en khâgne. Comme mes pensées et la perception que j’ai des choses sont toutes nouvelles et bien plus légères, le monde l’est devenu aussi.

Cet article était très long, mais si vous devez en retenir une chose et si je retiens une chose de ce que j’ai vécu pédant les vacances, c’est qu’à tout moment votre vie peut changer du tout au tout. Pas forcément de manière matérielle, mais plutôt spirituelle et personnelle. Il suffit parfois d’une prise de conscience, d’un signe pour faire tomber les dominos qui forment la muraille se tenant entre vous et le bonheur. Le chemin peut être long une fois les domains tombés et on ne sait souvent pas ce qu’il y a de l’autre côté de cette muraille, ce qui peut faire très peur. Mas une fois que nos murs tombent tout est possible. Le monde est ouvert et on est libre d’aller s’y retrouver soi-même.

Merci mille fois de votre écoute, s’il y a des histoires que vous avez envie de partager, je serais heureuse d’apprendre de vos expériences et d’entendre vos histoires.

En tout cas je suis fière de vous tous qui voulez être meilleurs et qui marchez vers le bonheur et l’amour. Je vous souhaite d’y parvenir et de rayonner. Vous le méritez.

Plein de bisous, Maurine ❤️

Un commentaire Ajouter un commentaire

  1. plumeimaginaire67 dit :

    Courage à toi pour la suite ❤

    Aimé par 1 personne

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