30 DWC | Jour 16: Mon point de vue sur la religion

Bonjour tout le monde!

Pour commencer, cet article est un de ceux qui ne font pas partie du « vrai » 30 DWC mais que j’avais envie de faire quand même d’autant plus que je n’avais pas grand chose à dire pour répondre à la question « Qu’est-ce qui vous manque? » qui était sensée nous intéresser aujourd’hui.

La première chose que je dois dire, car je ne veux offenser personne, d’ailleurs je pense et espère que personne ne le sera, c’est que je respecte les croyances de chacun, d’où qu’il vienne, quelles que soient les questions qu’il se pose, et peu importe les dogmes auxquels il obéit.

J’ai grandi dans un foyer et un environnement où la religion n’était pas du tout un aspect central de la vie. Je ne suis pas baptisée et avant d’aller au collège, je n’avais jamais assisté à aucune cérémonie sacrée (sauf peut être un mariage mais je ne m’en souviens pas vraiment…). Pourtant petite, je savais qui étais Jésus, qu’il avait fait des miracles au nom de Dieu et je connaissais certaines de ses paroles (« Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimé. » ou encore « Je suis aux affaires de mon père »). Pour moi, à l’époque, la religion était comme une histoire. Ou plutôt une suite d’histoires. J’avais vu le Prince d’Égypte, et je découvrais certains épisodes de la Bible grâce aux cours de religion auxquels j’ai toujours accepté de participer en primaire. J’aimais bien toutes ces histoires, elles étaient auréolées de mystère et comme… bienveillantes. C’est donc dans les livres ou les films que j’y ai d’abord été confrontée (Le Bossu de Nôtre-Dame, par exemple).

Ma première rencontre dans la pratique avec la religion a eu lieu au collège. En effet, j’ai été scolarisée de la sixième à la terminale dans un lycée privé sous la responsabilité de l’évêque de Strasbourg. Évidemment, des élèves de toutes les cultures y étaient scolarisées, pas seulement des catholiques, mais dans l’église qui se trouvait dans l’enceinte du lycée, ce sont les seuls cultes qui étaient pratiqués. Donc je vais d’abord parler un peu de ce que je connais « le mieux » (dans la mesure où j’en ai fait un peu l’expérience et où je m’y intéresse énormément), c’est-à-dire, le christianisme. Alors voilà, en sixième j’étais dans une classe dont le thème était la musique. Nous formions donc une chorale et nous étions chargés d’animer les messes auxquels les élèves pouvaient assister (personne n’y était forcé bien sûr !). Moi j’aimais chanter avec tout le monde et puis j’étais un peu curieuse. J’aimais bien la messe et j’aime toujours bien, c’est un moment solennel mais l’aumônier de l’école était un prêtre génial qui avait d’abord été gendarme et ses sermons étaient toujours très beaux et pas aussi moralisateur qu’on le reproche parfois au ton de l’Église. Jusqu’en troisième, j’ai vécu la religion à très petite dose, assistant à une messe de temps en temps, toujours dans le cadre de l’école, et sans vraiment me demander si je croyais en Dieu ou plutôt sans vraiment me demander s’il le fallait, puisque personne ne m’y forçait.

L’année suivante, la situation avait un peu changé. Je suis sortie avec un garçon dont la famille était très à cheval sur la religion, très pratiquante et dont je connaissais le père. Je vous reparlerai un peu de cette histoire le 19… Quoi qu’il en soit, j’étais aveuglée par ce que je pensais être de l’amour et du coup, je me suis mise à aller avec lui à la messe tous les lundis midi à l’oratoire de l’école. Certes, j’y allais pour être avec lui mais encore une fois, j’aimais bien la messe. Cela me permettait de méditer un peu et de commencer la semaine l’esprit libre. Il m’arrivait même de comprendre des choses sur moi et ma propre vie quand je priais. Sensation que je n’ai jamais connue que dans les églises ou bien en cours de philosophie, mais ça je vous le garde pour plus tard ^^. Au bout de quelques mois, le prêtre m’a proposé de me faire baptiser. Je pense que c’est à ce moment là qu’a commencé ma « quête de vérité ». J’ai refusé de me faire baptiser. Je n’avais rien contre la religion, j’appréciais le culte, j’entendais parfois de sages paroles dans les lettres de la Bible et la bonne interprétation que le prêtre en faisait et pourtant, je n’ai pas pu me faire baptiser. Quelque chose me retenait, je ne voulais pas m’enfermer dans UN dogme, surtout quand je ne connaissais pas tous les autres et surtout car j’ai toujours cru que Dieu n’était pas seulement dans l’eau et que tout le monde pouvait y croire, pas seulement les chrétiens. Donc, je ne suis toujours pas baptisée. La relation avec la personne avec qui je sortais à l’époque était très dysfonctionnelle, comme vous l’apprendrez bientôt et nous nous sommes séparés la même année, Dieu merci!

L’année suivante, je ne suis plus allée à la messe. J’étais au lycée, j’avais du travail et je ne voulais plus croiser mon « ex », ni qu’on me demande toutes les semaines quand je me ferais baptiser… Je ne crois pas avoir particulièrement réfléchi à la religion en seconde et en première, j’étais plutôt occupée à guérir de cette mauvaise relation que j’avais eu en troisième. Mais je continuais de lire, de regarder des films, des films de « grands » qui traitent la question de Dieu plus en profondeur, et sans m’en rendre compte, je continuais de me poser toutes ses questions, inconsciemment.

L’année de terminale a été très importante pour moi, si ce n’est la plus importante. J’ai pu enfin laisser derrière moi les sentiments néfastes qui hantaient encore mon subconscient, j’ai rencontré, je le crois bien et je l’espère de tout mon cœur, l’amour de ma vie (après la pluie le beau temps…) et j’ai eu… des cours de philosophie. C’est la philosophie qui m’a vraiment poussée à m’interroger sur Dieu et la/les religion/s. Pendant un trimestre, j’ai eu un cours à option, donné par le prof de philo sur « la preuve de l’existence de Dieu ». Quoi? mais alors on peut prouver qu’Il existe?! Voilà ce qui m’a le plus intrigué.

Je savais que certains arguments avaient été trouvés pour « prouver » qu’il n’existait pas, comme celui qui remet en cause son caractère de toute puissance: si Dieu était tout puissant, il pourrait créer un rocher qu’il serait incapable de soulever. Mais dans ce cas, il ne serait pas tout puissant… Seulement cet argument part de deux axiomes dont rien n’indique la légitimité: Dieu aurait des bras pour soulever un rocher (donc Dieu est à forme d’Homme) et Dieu serait omnipotent (omniscient et bienveillant). En effet, il s’est révélé improbable que, quand bien même Dieu existerait-il, il soit le vieillard barbu que peignait Michel-Ange. Pour moi il se rapproche plus de ce que décrit Thomas d’Aquin dans les 3 premières preuves de L’ Existence de Dieu ou du Dieu dont parle Spinoza dans le Livre 1 de L’Étique. Aujourd’hui de ma vie, j’appelle « Dieu » le premier instant de l’Univers, la cause de tout ce qui existe en ce monde, puisque tout en découle, et qui n’a pas de cause extérieure à elle-même. C’est-ce que je comprends quand on dit que Dieu est en chaque chose: chaque-chose est née de l’instant « t » de la création de l’Univers. Cette théorie fonctionne encore quand on dit que Dieu est omnipotent: il peut tout ce que ce qui existe peut, omniscient: il est en chaque chose et sait donc tout ce que chaque chose « sait ». Quant à la bienveillance, eh bien, c’est là que l’humain intervient. Les objets de l’Univers existent, leur comportement suit des lois qui relèvent de la raison et ne sont pas bienveillants en-soi. Je crois que l’Homme, quand il affirme que Dieu est bienveillant, exprime en réalité sa gratitude et son admiration envers l’équilibre et la création même de l’Univers qui ont permis leur existence. Et c’est ainsi que j’ai compris que la religion en disait long sur les hommes, peut-être plus que sur Dieu.

Comme je vous l’ai raconté le 8, j’ai lu il y a un ou deux mois, un livre qui a changé l’idée que j’avais de Jésus et de Dieu: L’Évangile Selon Pilate, d’Eric-Emmanuel Schmitt. Dans ce livre, il montre que Dieu est en chaque homme et que la différence entre Jésus et les autres hommes, c’est qu’il avait le courage d’aller en lui-même, dans le « puits d’amour », pour y trouver Dieu, l’amour. Dieu est la création et les hommes éprouvent de la reconnaissance et de l’admiration à l’égard de la création et de sa « perfection », c’est ce qu’ils louent, je pense, en disant que Dieu les aime. Car il leur a créé un monde où ils peuvent vivre. Mais je crois que ce qu’on appelle Dieu est aussi autre chose. En effet, si l’on peut prouver l’existence de Dieu par l’usage de la raison, -comme l’on fait Spinoza et Thomas d’Aquin par exemple -, et en conclure que Dieu est le point de départ de l’Univers, qu’il y a-t-il de si difficile à y croire? On est forcés de croire quelque chose qui est vrai, prouvé, non? En réalité, la conception qu’ont les hommes de Dieu est influencée par leur nature. Ce qui est le plus difficile pour nous, depuis toujours, car les guerres ont toujours régné et qu’au fond nous sommes des animaux animés par l’instinct de survie, c’est de nous aimer les uns les autres, de vivre ensemble en paix. Chercher Dieu, c’est chercher l’amour de l’autre qu’on a au plus profond de soi et qu’il est si difficile de laisser s’exprimer. « Pour que le royaume advienne, il faut que les hommes le désirent. Si la graine tombe sur une mauvaise terre, elle sèche et meurt. […] La parole de Yéchoua n’existera que si elle est reçue. La parole d’amour de Yéchoua ne se réalisera que si les hommes veulent bien aimer. » C’est trouver la force de surpasser sa nature animale, craintive et ses passions et trouver sa juste place dans la société humaine et au sein de la nature, de l’Univers que Dieu a créé et au sein duquel il s’incarne tout entier, et donc aussi en nous-même. Le Christ l’a dit autrement mais j’imagine que c’est un peu ce qu’il voulait nous dire. Et quand j’essaye d’analyser les textes dans cette optique, je me rends compte que ça colle à peu près toujours, si on prend en compte le fait qu’ils ont été écrits par des humains, imparfaits. En ce sens je crois que la religion révèle beaucoup des hommes et me donne un regard optimiste sur l’humanité: l’Homme essaye depuis toujours d’être fort et de vivre en paix avec les siens et la nature… La religion me fait aimer les humains et me donnent envie de croire en nous.

Je sais bien que de tous temps, et encore aujourd’hui, des crimes horribles ont été commis au nom de la religion. Je crois que c’est parce-qu’avec le temps, le sens se perd et les gens influents le trafiquent dans leur intérêt. Ces crimes relèvent de l’imperfection de l’Homme qui se perd parfois dans des considérations et une vie trop terriennes. Et Spinoza aurait répondu que ce qui est « mauvais » du point de vue des hommes ne l’est pas nécessairement pour l’Univers entier.

Finalement, si certains ont tiré profit de la religion pour justifier des actes immoraux, elle est aussi d’après moi la preuve de la force de caractère de l’être humain qui cherche à s’élever, à « anoblir » son esprit et à devenir meilleur.

Voilà, j’espère ne pas vous avoir assommés avec toutes ces considérations métaphysiques et que cet article vous encouragera à chercher des réponses là où on ne les attend pas forcément à ne jamais vous arrêter de chercher. Le point de vue que j’ai aujourd’hui changera peut-être un jour et je ne doute pas qu’il soit remis en question à de multiple reprises au cours de ma vie.

(PS: Et voilà qu’au moment de publier cet article, ma vision de l’Univers est chamboulée par des arguments scientifiques indiscutables: la physique quantique! Je viens de découvrir que le monde n’est pas déterministe comme je le croyais, mais probabiliste, ce qui comme je le craignais, remet complètement en cause la définition de Dieu que j’ai donnée plus haut… Je vous invite à lire, pour comprendre ce que je viens de découvrir, La Clé de Salomon, de José R. Dos Santos…)

« LE MONDE N’EST QU’UN SONGE, SES TRÉSORS UN MIRAGE, LES CHOSES SONT IRRÉELLES, TOUT EST PURE ÉVANESCENCE. »    BOUDDHA

Plein de bisous,

Maurine ❤

2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Bel article sur ton expérience religieuse. Plaisir de lire un billet concret sur un sujet pas facile en toute adresse. Merci ❤

    Aimé par 1 personne

    1. Ptitbout2femmes dit :

      Merci beaucoup! Cet article me tenait à coeur, je suis contente qu’il t’ai plu 🙂 bisous!

      Aimé par 1 personne

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