30 DWC JOUR 8: Share something you struggle with

Coucou tout le monde!

Je suis désolée, aujourd’hui le titre du défi est en anglais, parfois j’ai vraiment du mal à les traduire « joliment »… Parlez de l’une de vos lutte, de quelque-chose contre quoi vous vous battez, avec quoi vous avez du mal… Bref, c’est vraiment dur à traduire, si vous avez des suggestions n’hésitez pas 😉

Alors, qu’est-ce qui me pose problème dans la vie? En fait j’ai à peu près résolu le problème il y a peu de temps mais je n’ai encore jamais mis de mots là-dessus, pas même dans mon journal et donc je vais partager tout ça avec vous aujourd’hui en espérant ne pas vous ennuyer, cet article sera peut-être un peu plus long et dense que d’habitude, mais il sera aussi peut-être plus intéressant. Pour ne pas perdre une ligne, commençons tout de suite! Bonne lecture les amis!

Cette année a été pleine de réflexion, un long chemin, sur lequel j’erre toujours, qui doit me mener au sens que j’aimerais donner à ma vie et aux clefs qui sont censées me permettre d’y parvenir. Cette recherche de vérité et de sens, je l’ai menée au fil des jours et d’expériences concrètes quotidiennes sans vraiment m’en rendre compte. Mais il y a aussi eu des moments où j’apprenais quelque-chose sur moi-même et ma vie, en pleine conscience. Ces moments ont été les cours de philosophie. Cette année, j’ai eu la chance d’avoir un prof de philo passionnant, passionné, très, TRÈS cultivé, spontané et qui a su piquer ma curiosité. Il y a eu quelques cours dont je suis sortie toute chamboulée. Chamboulée, excitée et inspirée, comme si je venais de saisir une loi de l’univers, de la vie dont je n’avais jamais compris le fonctionnement auparavant. Comme si, on avait mis des mots sur un phénomène que je sentais et dont je connaissais l’existence au fond de moi et que d’autres savaient expliquer. Les cours de philo m’ont permis de mettre des mots sur des choses que je n’arrivais pas toujours à comprendre sur des sujets qui me touchent et rythment ma vie.

Une de ces questions, qu’on a traité assez longuement au cour du deuxième trimestre est la LIBERTÉ. Une bien grande question pour une petite fille comme moi… Pour tout vous dire, j’ai commencé à me la poser quand mon chéri m’a dit qu’il était convaincu que nous sommes tous déterminé, absolument, à chaque mouvement que nous faisons, par des causes extérieurs sur lesquelles on n’a aucun pouvoir. C’est le point de départ de la thèse de Spinoza, comme j’ai pu l’apprendre par la suite, mais mon chéri l’avait compris tout seul. Ça lui arrive de découvrir des théories philosophiques super pointues par lui-même, oui, oui  :P.

Quoi qu’il en soit, cela a beau être une théorie indémontable, je ne voulais pas y croire. Alors quoi? Tout ce qui nous arrive est décidé depuis le Big Bang et aucune de nos actions n’a de sens? Difficile pour moi de l’admettre… Alors j’ai fait des recherches de mon côté, trouvé quelques semblants de solutions mais ce n’est que grâce au cours que j’ai trouvé des réponses. Celles de Descartes et Kant ne m’ont pas paru satisfaisantes car ils partent du principe que l’homme est libre par nature et ensuite ils expliquent comment cela est possible. Mais ce qui m’importait n’était pas tant de m’assurer que j’étais libre, que de de prouver qu’on était pas déterminés et que nos choix ont du sens. Donc le libre-arbitre? Bof, pas assez convaincant.

On en est ensuite venu à Spinoza, pour qui aucun d’entre nous n’est libre par nature mais nous sommes tous complètement déterminés, par tout ce qui ne dépend pas de nous. C’est ce que Seta m’avait expliquer et que je refusais d’admettre. Mais, en fait, Spinoza va plus loin. Si la liberté n’est pas innée , on peut l’acquérir. On peut DEVENIR libre (en prenant connaissance de ce qui nous détermine et en en tenant compte au moment de faire un choix) . Entendre ça m’a un peu réconciliée avec le déterminisme que je refusais catégoriquement d’admettre auparavant. J’étais contente parce-que cette philosophie me disait qu’on peut être utile et heureux quand on fait ce qu’on est porté à faire, quand on embrasse ses talents, ses dispositions « naturelles » et qu’on fait ce que notre cœur semble nous dicter (en très trèèèèès gros, c’est ça). Et c’est grâce à cela que j’ai eu le courage de changer de filière et de m’aventurer vers un avenir qui me parle plus que le commerce…

Tout allait donc parfaitement bien dans ma tête, du moins jusqu’à… Sartre. Et oui, ça ne pouvait pas être aussi simple! Sarte prend le contre-pied de Spinoza en disant qu’on est naturellement libre de TOUT sauf d’être libre. Parce que nos actions décident de ce que nous sommes et ce n’est pas ce que nous sommes qui détermine ce que nous faisons! Et pour moi la vérité de ces deux versions était complètement équiprobable. Impossible de décider. Si Sartre avait parlé de libre-arbitre, j’aurais pu dire « Meh… », comme pour Descartes. Mais Sartre fait plutôt appel à la notion de volonté (ex: il suffit de le vouloir pour avoir la capacité de changer, d’être plus heureux, etc…). Et ça, c’est chiant. Parce que la volonté, c’est une valeur qui me parle. J’y ai toujours cru dur comme fer: « If you can dream it, you can do it! », comme l’a dit un homme qui m’inspire depuis que je suis toute petite: Walt Disney. Mais avant que j’entende parler de Sartre, il y avait eu Spinoza et ce dernier m’avait convaincue, avec des arguments logiques irréfutables. Et voilà quel était mon dilemme: mon cœur voulait écouter Sartre/la liberté et ma tête ne pouvait qu’approuver Spinoza/le déterminisme.

On pourrait me dire que c’est de la philo et que ça part loin. Mais j’avais besoin de savoir, parce-que la réponse à cette question était la carte vers mon avenir. Alors, j’ai séché pendant plusieurs semaines, j’ai étudié le sujet, j’y ai mis tout mon cœur et, finalement, je n’ai même pas si bien réussi le devoir que ça… J’étais déçue et un peu énervée: non seulement, j’avais eu beau m’investir, même personnellement, j’avais un sentiment d’échec mais en plus, je n’avais pas de réponse à mes questions! Sommes-nous maîtres de notre existence? Du sens qu’on veut lui donner? De notre impact sur le monde? D’être heureux ou malheureux? Et une nouvelle question prit forme, qui interrogeait à la fois mon cœur et mon esprit, mon thymos et mon logos : je veux croire que je suis libre, mais je sais que je ne le suis pas. Est-ce que c’est mal de le croire pour autant? Et puis je me suis replongée dans les cours et le quotidien, sans trop y penser pendant quelques semaines, jusqu’à récemment.

Je lisais un livre passionnant (L’ Évangile Selon Pilate, de Eric-Emmanuel Schmitt) et mes yeux se sont posés sur le mot « destin ». Cela va sûrement vous paraître étrange mais quand j’ai vu ce mot, j’ai souri avec mépris en mon for intérieur et je me suis dit « Pff, pourquoi parler de destin, ce n’est rien d’autre qu’une illusion rétrospective, une histoire qu’on se raconte pour donner du sens à notre existence! » Mais c’était une réflexion cynique et je déteste penser comme cela. Et là, comme si mon cœur répondait , j’ai pensé  » mais pourtant tu adores les histoires de destin. Tu aimes y croire! » C’était le même dilemme que pour la liberté! Ma raison voulait me condamner de vouloir croire à une illusion! Mais cette fois-ci mon cœur a pris le dessus. Si je suis au courant que le « destin », ce n’est pas réel, quel mal y a-t-il à en aimer l’idée? Et soudain, tout s’est éclairé. Je ne prétend pas avoir compris la Vérité mais tout comme le « destin » donne un sens à notre existence, l’idée de liberté donne un sens à nos actions! Même si la liberté est probablement une illusion, il n’y a aucun mal à y croire, car avoir l’impression d’être libre, c’est ce qui nous encourage à faire des choix, à prendre des décisions et à nous investir dans notre vie.

La vie est comme un jeu dont on ne connait pas les règles. Même si on parvient à les découvrir, il faut continuer de jouer le jeu, comme si on ne les connaissait pas, comme si on ignorait ne pas être libre, en définitive, comme des humains, capables de devenir et d’être heureux tout en suivant ces règles. Ce qui est cool, c’est que dans ce cas, la consigne est plutôt sympa (même si elle implique que l’on doit se considérer comme responsable de nos actions): croire que l’on peut faire tout ce qui nous passe par la tête et que l’on peut croire en ce que l’on veut! Et finalement, cela me paraît encore plus enrichissant d’y croire, et de savoir que ce n’est pas la vérité à la fois!

 

Si jamais vous avez envie de partager votre point de vue sur cette question dans les commentaires, n’hésitez surtout pas, ma quête de sens n’est toujours pas finie 😉 D’ailleurs, je ne m’y étais jamais vraiment intéressée auparavant mais il semblerait que les conséquences philosophiques de la physique quantique soient que chaque élément de l’Univers est libre, piste à chercher…

Plein de bisous, Maurine ❤

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